Santé: Quand l’insalubrité s’invite dans nos assiettes

Dans de nombreuses rues de nos villes, la restauration de rue est devenue un réflexe quotidien pour des milliers de citoyens. Brochettes de viande grillée, pain chaud, jus de gingembre ou d’hibiscus : une offre accessible, rapide et appréciée. Pourtant, derrière cette apparente convivialité, se cache une réalité préoccupante : le non-respect des règles élémentaires d’hygiène.

Il n’est pas rare d’observer des vendeurs manipuler simultanément la nourriture et l’argent sans aucune précaution sanitaire. Les mêmes mains qui coupent la viande servent à encaisser, à essuyer la sueur ou à porter les doigts à la bouche avant de reprendre le couteau. À leurs côtés, des enfants ou aides occasionnels participent au service sans formation, parfois en se curant le nez ou en touchant directement le pain destiné aux clients.

La situation n’est guère plus rassurante du côté des vendeuses de boissons. Enrhumées, se mouchant à répétition, parfois crachant à même le sol, certaines continuent de servir des jus artisanaux dans des conditions qui exposent les consommateurs à de sérieux risques sanitaires. Verres manipulés à mains nues, eau et glace d’origine douteuse : autant de facteurs favorables à la propagation de maladies.

Face à ces pratiques, la réaction des consommateurs demeure souvent passive. Habitués à ces scènes, beaucoup ferment les yeux, poursuivant leurs achats comme si de rien n’était, allant jusqu’à en redemander. Cette banalisation de l’insalubrité contribue à entretenir un cercle vicieux où vendeurs et clients partagent la même indifférence face aux dangers encourus.
Pourtant, les conséquences peuvent être graves : intoxications alimentaires, diarrhées aiguës, fièvre typhoïde ou autres maladies infectieuses. Autant de pathologies qui pèsent lourdement sur les ménages et le système de santé.

La restauration de rue joue un rôle économique et social important. Mais elle ne peut continuer à prospérer au détriment de la santé publique. Un renforcement des contrôles sanitaires, une sensibilisation des vendeurs et une prise de conscience des consommateurs s’imposent. Car l’insalubrité n’est pas une fatalité : elle est souvent le résultat d’une tolérance collective devenue trop confortable.

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