Un climat de forte tension règne au sein du mouvement sportif tchadien. Réunis ce 1er décembre 2025 lors d’un point de presse à N’Djaména, les administrateurs de plusieurs fédérations et associations sportives nationales ont dénoncé ce qu’ils qualifient d’« ingérences répétées » du ministère de la Jeunesse et des Sports dans leur fonctionnement interne.
Le porte-parole du collectif, Dr Woibogo Dounia Dertos, a déclaré que ces pratiques constituent des violations manifestes des textes régissant le sport au Tchad, notamment les statuts des fédérations, la charte nationale des sports et la charte olympique.
Des décisions contestées par les fédérations
Les fédérations reprochent au ministère plusieurs actions jugées abusives :
le blocage des subventions prévues dans la loi de finances 2025 ;
le refus de financer les activités statutaires et les compétitions nationales et internationales ;
la demande de préfinancement sans remboursement ;
la suspension répétée des assemblées générales électives ;
l’ingérence dans la gestion interne de plusieurs disciplines.
Selon les administrateurs, ces interventions compromettent le bon fonctionnement du mouvement sportif et freinent la mise en œuvre des orientations sportives du Président de la République.
Des fédérations déstabilisées
Plusieurs exemples concrets ont été cités pour illustrer ces ingérences.
Karaté : conflit né d’une Assemblée générale non conclue, avec tentative d’imposer un membre sanctionné.
Taekwondo : pressions pour réhabiliter un membre révoqué, malgré un processus électoral encadré par un huissier de justice.
Rugby : reconnaissance de deux bureaux concurrents par le ministère.
Athlétisme : suspension d’une Assemblée générale, laissant la fédération dans le flou.
Tennis : tenue d’une assemblée générale qualifiée d’illégale sous supervision du ministère.
Ces situations, selon le collectif, fragilisent davantage des disciplines déjà confrontées à des difficultés structurelles.
Un appel à l’arbitrage
Face à ce qu’ils considèrent comme une dérive, les administrateurs sollicitent l’intervention des plus hautes autorités du pays. Ils demandent notamment :
- un arbitrage pour trancher les différends ;
- un rappel à l’ordre du ministère quant au respect de ses prérogatives ;
- un recentrage sur les activités sportives nationales pour éviter l’effondrement de certaines disciplines.
Les fédérations réaffirment leur disponibilité au dialogue, à condition que leur autonomie soit préservée et respectée.
